Marathon Beethoven

06 – 27 novembre 2020

Un sourd qui entendait l’infini. C’est en ces mots que Victor Hugo évoque Ludwig van Beethoven dont nous célébrons le 250 e anniversaire. À cette occasion, l’Orchestre de l’Opéra national de Lorraine révèle les multiples facettes du compositeur qui nous laissa un vaste répertoire incluant symphonies, concertos, musique de scène, pièces pour piano, musique de chambre et musique vocale.

À 22 ans, Beethoven quitte son Bonn natal pour monter à Vienne, qui adopte définitivement ce musicien virtuose. Haydn le prend sous son aile quelque temps et exercera sur lui une influence considérable. Mais avec la mort de Mozart survenue un an plus tôt, Beethoven a perdu l’unique compositeur qu’il admirait : le génie indomptable déclarera ne rien devoir à ses maîtres.

S’il compose tôt son premier concerto, il attendra l’âge de 30 ans pour offrir au monde ses premières symphonies et quatuors. Du reste, sa production symphonique est moins abondante que celle des autres représentants de la Première École de Vienne : neuf pour Beethoven contre une quarantaine pour Mozart et une centaine pour Haydn.

La vie du compositeur est une suite de réinventions et de renaissances : selon le musicologue Emmanuel Buenzod, la distance artistique qui sépare le premier du dernier Beethoven est plus grande que celle qui sépare deux générations de musiciens. Dès l’âge de 26 ans, il ressent les prémisses d’une surdité qui ne va cesser de s’aggraver en dressant un mur entre lui et le monde. En 1802, son Testament de Heiligenstadt témoigne de la crise existentielle qu’il traverse. Mais
cette maladie, qui aurait pu l’anéantir, le pousse à surmonter le désespoir pour toucher à des régions intérieures et inexplorées de la composition. Avec la Neuvième Symphonie et son finale - Ode à la joie - le compositeur intègre pour la première fois un choeur à la forme symphonique : au crépuscule de sa vie, celui qui n’entend plus nous donne encore à entendre l’inouï.

Révolutionnaire, la musique du compositeur est fondamentalement prométhéenne : dans une Europe alors bouillonnante, le compositeur se passionna pour les idéaux progressistes de l’époque, entretenant avec son temps un rapport intime et passionné. De la Symphonie Eroica - dont la dédicace fut rageusement rayée lorsque Napoléon perça sous Bonaparte - jusqu’à l’Ode à la joie, choisie comme hymne européen au lendemain de la Seconde Guerre mondiale puis dirigée par Bernstein pour fêter la chute du Mur de Berlin - la musique de Beethoven a souvent
accompagné l’Histoire en train de se faire. Elle l’accompagne encore.

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